Rémy Tellier
- Ty al Levenez
- 4 déc. 2025
- 2 min de lecture
Les 70 ans de l'association : quels enseignements en tirer ?
Après la lecture de son texte, écoutez sa voix dans le podcast qu'il partage avec Khadim !

Une seconde famille
Par recommandation, j’ai été présenté en 1961 à l’abbé Patrick Varangot. J’avais alors 16 ans, venait d’être embauché dans une banque mais ne pouvais pas me permettre un logement en ville.
Il régnait au Foyer du Jeune Travailleur une mixité naturelle entre les jeunes de la DASS, présents à l’année au Centre Varangot, et ceux qui rentraient chez eux le week-end.
L’Auberge de Jeunesse, installée au cœur du Foyer, favorisait la vie collective. Durant mes six années en ETP, j’y ai noué des amitiés qui perdurent depuis les années 60-70.
Le Père Varangot tenait à révéler le meilleur en chacun des jeunes. Il avait cette foi inébranlable en leur potentiel, et cette bienveillance exigeante qui marquait durablement.
Le sens de l’engagement
Sous sa direction, chacun apprenait à prendre part à la gestion du lieu. Nous pouvions siéger au Conseil de maison, l'actuel Conseil de vie sociale. Sur le terrain, nous découvrions alors l’inégalité des chances, et la valeur irremplaçable d’un cadre familial solide.
Ces premiers engagements m’ont servi tout au long de ma carrière. C’est d’ailleurs dans cet esprit que, des années plus tard, lorsque René Moncorps est venu me proposer de rejoindre à mon tour l’association, j’ai accepté sans hésiter. J’ai ainsi été Trésorier pendant de nombreuses années, puis Président durant cinq ans.
Le parcours professionnel mouvementé des jeunes
Autrefois, il n’était pas rare de faire toute sa carrière auprès d’un même employeur. Aujourd’hui, les parcours professionnels sont bien plus morcelés : contrats courts, emplois précaires.
Il est triste de constater que 67 % des jeunes accueillis dans nos structures vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté. Et plus révoltant encore, que certains soient contraints de dormir dans leur voiture ou sur un terrain de camping, en plein hiver. Inadmissible.
Dans ce contexte, l’engagement des bénévoles prend tout son sens. L’association s’est transformée, professionnalisée, modernisée, mais sans jamais perdre de vue l’essentiel : le bien vivre ensemble.
Alors merci à tous ceux qui continuent à faire vivre l’esprit du fondateur. Nous ne sommes, au fond, que des passeurs de cette riche aventure humaine.



