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Marcel Robinault

Le premier résident du Foyer


Crédits photo : Cécile Lombardie - Aparté Studio
Crédits photo : Cécile Lombardie - Aparté Studio

Je suis arrivé à Saint-Malo en septembre 1950, à la Maison Sainte-Anne des Grèves, à l’invitation du Père Patrick Varangot, que j’avais connu comme instituteur à Épiniac. Il m’avait proposé de poursuivre mes études chez les Frères Intra-Muros.


À cette époque, la ville se relevait encore difficilement de la guerre : le logement y était rare, et les besoins des jeunes nombreux. Sainte-Anne des Grèves, rattaché au diocèse, était alors un lieu d’accueil pour les mouvements spirituels et familiaux - retraites, sessions de jeunes, colonies de vacances…


Le Père vivait simplement, entouré de sa sœur Bernadette, de sa mère âgée et d’une cuisinière accompagnée de son fils.


Très vite, son projet de Foyer de Jeunes Travailleurs prit forme. Deux mois après mon arrivée, Joseph Pichon, lui aussi originaire d’Épiniac, fut accueilli. 


Très vite, le groupe initial s’est agrandi avec l’arrivée de cinq ou six jeunes issus de la DDASS :

les deux frères Gaudin, Fernand Le Forestier et Michel Morin. Quelques mois plus tard, nous avons accueilli Jean-Pierre Nevoux, puis d’autres jeunes de la région, parmi lesquels Armel Dauneau et Pierre Le Héran.


Le Père partageait avec enthousiasme ses idées et voyait son œuvre grandir : dès la deuxième année, une vingtaine de jeunes étaient hébergés et nourris. Nous avions entre quinze et vingt ans, et la plupart travaillaient déjà.


Le week-end, ceux qui restaient participaient volontiers à de petits travaux dans le grand jardin. Ces moments, toujours empreints de bonne humeur, renforçaient notre sentiment d’appartenance. Peu à peu, le Père structura son projet : un Foyer et une Auberge de Jeunesse, avec un Conseil d’Administration et des adhérents, puis bientôt le Foyer des Jeunes Filles, baptisé Foyer Marie La Chambre, en hommage à l’amitié qu’il entretenait avec le fils de cette dernière.


Très reconnu dans la région, il s’appuyait sur ses solides relations avec les autorités locales, la municipalité, ainsi qu’avec des personnalités civiles ou syndicales telles que Robert Duvivier, et bien d’autres encore. Il savait rassembler autour de lui bénévoles et bonnes volontés grâce à son talent naturel pour fédérer.


Respecté et apprécié, il portait une vision généreuse et ouverte, qui a marqué durablement l’histoire de ce lieu devenu, au fil des décennies, un véritable foyer d’accueil et de solidarité.




 
 
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